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CONSEILS · ENTRETENIR

Ce qu'on ne doit jamais jeter dans les WC

Publié le Par l'équipe SOS Relevage
Roue de pompe de relevage démontée sur un établi inox, entourée d'un cordage compact de fibres textiles issues de lingettes

La photo en tête de cet article n'a rien d'exceptionnel. C'est une roue de pompe démontée, entourée de ce qui ressemble à un cordage gris. Ce cordage est en réalité un paquet de lingettes, essorées et tressées par la rotation de la pompe jusqu'à former une masse compacte et étonnamment solide. C'est la panne la plus fréquente, la plus évitable, et de loin la plus coûteuse à l'échelle collective.

Pourquoi les lingettes sont le pire ennemi d'une pompe

Le papier hygiénique est conçu pour se déliter en quelques secondes au contact de l'eau. Une lingette est conçue pour l'exact inverse : elle doit résister au frottement, à l'humidité et à la traction, sinon elle serait inutilisable. Cette résistance ne disparaît pas une fois la lingette dans la canalisation. Elle reste intacte pendant tout son trajet.

Ce qui se passe ensuite est purement mécanique. Les fibres s'accrochent les unes aux autres et s'enroulent autour de tout ce qui tourne. Dans une pompe de relevage, elles se prennent à la base des aubes de la roue, s'entortillent, et se compriment tour après tour. Le résultat est ce tressage dense que les professionnels du secteur appellent parfois une natte. À partir d'un certain volume, la roue ne passe plus : le moteur force, chauffe, et la protection thermique coupe. C'est l'une des causes classiques listées dans pompe de relevage qui ne démarre plus.

La liste complète de ce qui ne doit pas partir dans la cuvette

Déchets courants et effet réel sur l'installation
DéchetCe qu'il provoqueOù le jeter
Lingettes de toute sorte, y compris bébé et ménageSe tressent autour de la roue, bloquent la pompePoubelle ordinaire
Graisses et huiles de cuisineSe figent au refroidissement, tapissent les conduites et les flotteursRécupération des huiles usagées
Cotons-tiges, coton, disques démaquillantsS'accumulent dans les coudes et les cuves, forment un lit compactPoubelle ordinaire
Protections hygiéniques, tamponsGonflent au contact de l'eau, obstruent les passagesPoubelle ordinaire
Fil dentaire, cheveux en quantitéServent de squelette autour duquel le reste s'agglomèrePoubelle ordinaire
MédicamentsTraversent le traitement classique et se retrouvent au milieu naturelRapport en pharmacie
Peintures, solvants, produits chimiquesPerturbent le traitement biologique de la stationDéchetterie, points de collecte spéciaux
Litière pour chat, sable, gravatsSédimentent au fond de la cuve, réduisent son volume utilePoubelle ordinaire ou déchetterie

Le cas particulier des graisses

Les graisses méritent leur propre paragraphe parce qu'elles ne bloquent rien immédiatement. Versées chaudes, elles s'écoulent sans difficulté. Le problème apparaît plus loin, quand la température retombe : elles se figent et se déposent en couche sur les parois. Un sous-sol genevois est frais toute l'année, ce qui accélère franchement le phénomène.

Cette couche fait deux dégâts. Elle réduit progressivement le diamètre utile de la conduite, et surtout elle sert de colle : tout ce qui passe ensuite s'y accroche. Sur les flotteurs d'une station de relevage, l'effet est encore plus direct. Un flotteur alourdi et engoncé dans un dépôt gras ne remonte plus correctement, donc la pompe ne reçoit plus l'ordre de démarrer, ou ne s'arrête plus. C'est un point de contrôle systématique en maintenance préventive.

Ce que ça coûte, et qui paie

Les ordres de grandeur publiés par les exploitants de réseaux, principalement français et européens, donnent la mesure du problème. Une intervention curative sur un poste de relevage bouché est fréquemment située entre 300 et 500 euros. À l'échelle du continent, les estimations avancées par la filière évoquent des dizaines de milliards de lingettes finissant chaque année dans les toilettes, et un surcoût annuel pour les exploitants de stations d'épuration chiffré en centaines de millions d'euros.

En Suisse, ce coût n'est pas absorbé par une entité lointaine : il est répercuté sur la population par les taxes et redevances d'assainissement. Le sujet est suffisamment sérieux pour être remonté jusqu'au débat politique fédéral, où la question de la responsabilité des fabricants de lingettes a été posée publiquement.

Côté privé, la facture est plus directe encore. Un immeuble dont la pompe est colmatée par des lingettes paie une intervention d'urgence, parfois un curage, et dans les cas répétés un remplacement anticipé du matériel. Le tout pour un geste qui aurait coûté zéro franc.

Pour une régie : la note aux locataires coûte moins cher qu'une intervention

Dans un immeuble locatif, le gestionnaire n'a aucune prise directe sur ce qui part dans les canalisations. Il a en revanche une prise sur l'information, et c'est l'un des rares leviers de prévention à coût quasi nul. Trois mesures suffisent à faire baisser sensiblement la fréquence des colmatages :

  1. Un affichage dans les buanderies et les locaux communs, avec la liste courte plutôt qu'un long règlement. Les gens retiennent trois lignes, pas une page.
  2. Une note lors de chaque nouvelle entrée dans l'immeuble. Le moment de la remise des clés est celui où l'information est réellement lue.
  3. Un rappel après chaque incident, sans désigner personne, en indiquant simplement ce que l'intervention a coûté à la copropriété ou à l'immeuble. Le chiffre est plus convaincant que la consigne.

Reste que la prévention par l'information ne sera jamais totale. C'est pourquoi elle se double d'un contrôle périodique de l'installation, qui repère un début d'accumulation avant qu'il ne devienne une panne. C'est précisément l'objet d'un contrat d'entretien annuel, et le calendrier recommandé est détaillé dans à quelle fréquence entretenir une pompe de relevage.

QUESTIONS FRÉQUENTES · Entretenir

Les questions qu'on nous pose sur le sujet

01Les lingettes dites biodégradables posent-elles problème ?
Oui, autant que les autres pour ce qui concerne les pompes. La biodégradabilité décrit la capacité d'un matériau à se décomposer sur une durée qui se compte en semaines ou en mois. Une pompe de relevage, elle, voit passer la lingette quelques minutes après le rejet, à un moment où sa résistance mécanique est encore entière.
02Le papier toilette épais ou humide est-il un risque ?
Le papier hygiénique classique, même épais, est conçu pour se déliter rapidement et ne pose pas de difficulté. Le papier dit humide relève en revanche de la famille des lingettes par sa composition et son mode de fabrication : il se comporte comme elles dans une canalisation et doit aller à la poubelle.
03Et les produits déboucheurs vendus en grande surface ?
Ils sont sans effet sur un colmatage de fibres, qui est un blocage mécanique et non un dépôt chimique. Sur une installation de relevage, ils présentent en outre un risque pour les joints, les garnitures et les capteurs de niveau. En cas de blocage, mieux vaut ne rien verser et faire venir un technicien.
04Comment savoir si notre pompe souffre déjà d'un problème de lingettes ?
Les signaux typiques sont des démarrages plus longs ou plus bruyants, des cycles plus fréquents qu'auparavant, un déclenchement occasionnel de la protection thermique, ou une odeur qui s'installe. Un contrôle avec ouverture et inspection de la roue lève le doute en une visite.
05Que faire des huiles de friture à Genève ?
Elles ne doivent jamais partir à l'évier ni dans les WC. Les huiles alimentaires usagées se rapportent dans les points de collecte prévus à cet effet, généralement disponibles dans les déchetteries communales. La marche à suivre exacte est publiée par chaque commune.

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